Fondée en 1894 dans le but de « fournir aux personnes qui s’intéressent à l’Histoire de la France littéraire des moyens de se réunir, d’échanger leurs idées, de profiter en commun des recherches individuelles, d’unir leurs efforts et de grouper leurs travaux », la Société d’Histoire littéraire de la France, association loi de 1901 reconnue d’utilité publique, répond à sa vocation ancienne par la mise en ligne sur le présent site des comptes rendus d’ouvrages collectifs, des informations sur les colloques et thèses en cours à l’étranger et des manifestations organisées par la Société, à côté de la publication trimestrielle de la Revue d’Histoire littéraire de la France et de sa Bibliographie annuelle. Si depuis la fin du XIXe siècle, les méthodes de l’histoire littéraire ont évolué pour embrasser, outre l’histoire des idées, les sciences humaines et sociales, la philologie, la rhétorique et la poétique, la bibliométrie, la génétique textuelle, ou encore les études de réception et l’ouverture aux littératures comparées, le souci de contextualisation savante de l’histoire des formes et des genres littéraires articulée à la conscience du temps long et à l’évolution des représentations culturelles forme le socle commun qui permet d’éclairer l’interprétation du riche patrimoine des littératures française et francophone.
La Société d’Histoire littéraire de la France rassemble la plupart des plus éminents spécialistes de la littérature française, du quinzième siècle à nos jours. Dès sa fondation, son objet principal a été la publication régulière d’une revue de référence par sa rigueur et son exigence de nouveauté, la Revue d’Histoire littéraire de la France. Le projet de l’origine est resté le même : lutter contre une lecture impressionniste des œuvres de la littérature française, approfondir le sens des grandes œuvres sur des bases objectives, tirer de l’ombre certains des innombrables textes oubliés, bref mettre en valeur les richesses du passé littéraire de la France, passé lointain ou passé récent.
Dans le nom de la société, le terme d’« histoire » souligne la règle qui y règne : aucun commentaire ne doit s’abstraire des circonstances historiques de la création ou de la réception des œuvres. Mais l’histoire littéraire telle qu’elle est pratiquée dans notre société et dans notre revue ne réduit pas son objet à la vie des écrivains, au rôle de leurs groupes, à l’étude des filiations, à la mise en lumière des sources. Elle n’est pas non plus l’histoire de la France hexagonale vue à travers les témoignages littéraires. Elle englobe toutes les formes d’étude des textes littéraires, pourvu qu’elles tiennent compte des réalités au sein desquelles ils ont été conçus, publiés, lus. Son champ s’est élargi à l’ensemble des littératures de langue française, à une époque où beaucoup d’œuvres novatrices en français ont été conçues hors de France.
Nous exigeons aussi que soient prises en compte, même pour les rejeter, toutes les études antérieures sur le sujet traité. Notre société donne donc une particulière attention à la bibliographie, non seulement à la veille bibliographique, mais aussi à l’ensemble de la production critique dans la longue durée. C’est la raison pour laquelle elle publie, en collaboration avec la BnF et la librairie Garnier, la célèbre Bibliographie de la littérature française, aujourd’hui accessible en ligne et aussi sous la forme d’un numéro spécial annuel de la RHLF. Sous sa forme électronique, elle est cumulative et mise à jour chaque semaine.
La SHLF a pour objet la production littéraire de tous les siècles postérieurs au Moyen Âge : une de ses particularités, qui la distingue de la plupart des autres revues de sa discipline, est de privilégier les études trans-séculaires, de dégager des continuités dans la longue durée, de rapprocher des œuvres d’époques différentes. Avec son important réseau de correspondants étrangers, choisis parmi les spécialistes les plus éminents de chaque pays, et le réseau hautement international des lecteurs de la RHLF, le plus étendu de toutes les revues de son domaine, la SHLF ouvre aux universitaires du monde entier les moyens de se tenir à la pointe des recherches et de diffuser le plus largement leurs découvertes et leurs interprétations. Elle est fière d’accueillir aussi bien des chercheurs encore obscurs que les grandes plumes de l’histoire littéraire.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Alain Génetiot (1 août 2026). Le mot du président. Société d’Histoire littéraire de la France. Consulté le 14 octobre 2026 à l’adresse https://srhlf.hypotheses.org/59
